Pourquoi Le Cerese

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Contextes

En France, les attentats des années 2015/2016 restent le symbole d’une sidération collective face à de nombreuses fractures et clivages qui travaillaient pourtant nos sociétés depuis des années. Le départ en Syrie et Irak de nombreux jeunes et familles partis rejoindre l’État Islamique ont sidéré les esprits : qu’allaient-ils chercher là-bas ?  

  • Un ”fantasme des origines” ? 
  • Une revanche historique ?
  • Le besoin d’être utile ?
  • De décharger sa haine ?
  • De solutionner une crise de l’être grâce à une réparation narcissique divine ?
  • D’obéir à une « loi supérieure” à défaut d’avoir obéi au père ?
  • De ne plus se poser de questions et d’avoir un modèle intemporel dans un monde trop morcelé ? (si ”tout a été dit” au 7ème siècle ap. JC, il suffit d’obéir… et le paradis EI sera sur terre)
  • Du fantasme d’appartenir à un oumma internationale où tous les hommes seraient frères et les femmes soeurs ? Et où les ”vrais” musulmans seraient ”la meilleure des communauté”.
  • De suturer des angoisses infernales en comptant les bons points qui mènent au Paradis ?
  • De donner un sens à sa vie ?

Le mot ”radicalisation” commença à envahir les discours, les médias et à infuser dans l’inconscient collectif. Bien/mal, vrai/fake, action/ré-action, toi OU moi, la #perceptionbinaire et la #penseebinaire se propageaient et avec elles, les risques de régression et de paranoïas, de tous côtés.


Face à de nombreuses confusions, de nombreuses connaissances furent sollicitées, en essayant d’identifier les aimantations entre échelle individuelle (psychisme, pulsionnalité, affectivité,  représentations…) et échelle collective (histoire des sociétés et des religions, histoire des idées, géopolitique, sociologie…).

Mieux comprendre la religion musulmane, son histoire et ses courants était nécessaire.

Cette transversalité entre connaissances demande de développer une culture générale dans plusieurs domaines, et de ne pas ”s’enfoncer” dans un seul type d’explications (voir schéma ”radicalisations, une approche transversale« ).

La jeunesse pose question : ce qu’elle devient, ce qu’elle pense, qui la pense, qui lui propose des ”prêts à penser” (politiques et religieux) ou l’invite à ”apprendre à penser” et à prendre du recul. Bien sûr, internet… et les discernements nécessaires. Le rôle de l’éducation nationale, seul lieu où tous les jeunes passent avant 16 ans, est sur le grill. À quoi s’y forme-t-on dans le monde d’aujourd’hui ?


L’air du temps est également traversé par ces dimensions :

> Un bilan de l’histoire de nos sociétés depuis le 18ème siècle, des mentalités dominant/dominé qui en ont découlé, de la guerre tantôt froide tantôt chaude entre bloc de l’Est et bloc de l’Ouest qui se joue au proche Orient ou dans les Balkans (énergie, gaz, pétrole…), de certaines trahisons vis à vis de la charte des droits de l’homme ou des blessures historiques non guéries qui hantent ce 21ème siècle. 

> La crise financière de 2008/2010 nous mis au pied du mur de nombreuses aberrations et généra un puissant désir de changements (2011 : printemps arabes, mouvement des Indignés, Occupy Wall Street…) et de grandes désillusions : rien ne semble vraiment changer. 

> Le numérique et l’intelligence artificielle. Il n’y a plus de travail/emploi pour tout le monde, ce modèle est terminé. Les discours ambiants (politique et médiatique) ne prennent pas la mesure de cette mutation qui touche de plein fouet la jeunesse : soyez juste des consommateurs, et soyez ”vous-mêmes” !… mais avec quel revenu et quelles connaissances ? 

> L’urgence écologique. 

Tout cela en même temps. Le sentiment d’insécurité (concret ou fantasmé) pouvant provoquer des régressions vers des modalités agressives/défensives.

Cette ”crise du système”, structurelle, évoque une métamorphose qui pourrait déboucher sur des mutations aussi historiques que les révolutions politiques et sociales de la fin du 18ème siècle. Elle ne se pense pas avec quelques pansements, mais avec une capacité d’innovation inédite. Nous avons l’obligation d’être créatifs, vis à vis du passé, du présent et du futur.

Ce projet du Cerese « Apaiser la relation au religieux, à la société, à l’autre… et à soi » est pensé dans ces contextes.


Un état d’esprit dans la manière de penser ressources et outils

”Comprendre, non pas ce qui est dit,
mais ce qui fait dire à chacun ce qu’il dit,
et à travers ce qu’il dit et comment il le dit,
ce qui lui fait penser ce qu’il pense.”
Abdelmalek Sayad 

Cette citation introduit un état d’esprit : celui de prendre le temps d’écouter les sous-textes en décryptant ce que les discours individuels et récits collectifs racontent (les croyances sous-jacentes, l’inconscient culturel, les ressentis…).

Quelques exemples :

  • Quand un jeune pense que la laïcité a été inventée il y a quelques années pour lutter contre l’Islam, et que les musulmans sont persécutés en France, il y a souci…
  • Quand le courant sectaire wahhabite (18ème siècle) a colonisé l’Islam au point de se présenter comme étant LA tradition des salafs, des anciens, il y a souci…
  • Quand certains croyants pensent que les athées n’ont pas de valeur puisqu’ils ne croient pas en Dieu, il y a souci…
  • Quand certains athées ou scientistes pensent être propriétaires de l’esprit critique, il y a souci…
  • Quand les postures de toute puissance et le sentiment d’impunité se multiplient (dans tous les milieux), il y a souci…
  • Quand les parents n’ont pas de connaissances sur le développement psycho-corporel et psycho-social de leurs enfants, il peut y avoir souci…
  • Quand la valeur républicaine d’égalité n’est pas concrètement pratiquée et ressentie, il y a souci…
  • Quand il y a une tendance à généraliser (”tous les…”, ”au nom de…”), il y a souci…

En atelier, formation ou rencontres, nous développons plusieurs types de contenus qui permettent d’aborder cet enchevêtrement de questions ou postures, en apportant à chaque fois des récits de connaissances et une approche créative et apaisante.

Nous développons deux grands axes :

  • l’un abordant les radicalisations idéologiques et religieuses 
  • l’autre abordant les radicalisations affectives (angoisses, ressentiments, haines…) dans lesquelles les premières peuvent s’enraciner.

L’histoire et les récits nous viennent souvent en aide : histoire et anthropologie de l’Islam, histoire du développement psycho-social d’un jeune, histoire des sociétés et des idées, psychanalyse… ainsi que des connaissances et pratiques sophrologiques permettant d’apaiser l’émotionnel, la réactivité pulsionnelle et parfois la haine.


Pour qui, avec qui

Les récits et propositions du Cerese s’adressent :
aux professionnels de l’éducation, du social, de la justice et du soin, associatifs et institutionnels
aux jeunes, dans un cadre éducatif et social, en ramifiant avec les familles et l’environnement
et toute personne intéressée.

Quand un atelier a 2 versions (professionnels / jeunes), les contenus sont remaniés en fonction des âges. Plusieurs ateliers peuvent mélanger les publics, notamment les jeunes et les professionnels qui travaillent avec eux. 

Tisser des liens sur un territoire

Travailler sur un territoire avec plusieurs partenaires, en multipliant les situations interprofessionnelles et/ou intergénérationnelles, permet de développer une culture commune, de construire des actions partagées et de suivre l’évolution des jeunes sur une année.

Les propositions

  • Ateliers collectifs et formation
  • Éditions, productions
    • Livrets pédagogiques sur les différents thèmes abordés.
    • Articles sur certains sujets épineux, schémas, synthèses, récits.
    • Fichier audio de séances de sophrologie pour pratiquer de manière autonome
    • Livre ”Propositions pour apaiser les blessures de l’être, les clivages et la haine” (2019)
    • 2ème version du film « Aimantations » (2019)
  • Groupe de réflexion collective, recherche / action 
    • Le groupe « PRA – Penser, ressentir et agir ». Une dynamique interprofessionnelle pour un partage de ressources et la création d’actions communes
    • Contribution à deux groupes de réflexion sur l’esprit critique du Rectorat Aix-Marseille :
      • La croyance des élèves et l’enseignement du fait religieux.
      • Du fracas du monde à l’intimité de la classe.
  • Invitation de chercheurs et auteurs, événements publics
    • Au fil de l’année, avec des partenaires, nous invitons des personnes qui peuvent enrichir de leur regard et connaissances les sujets abordés.

Soutenir des démarches positives autour des questions de pouvoir d’agir

Enfin, parce que le sentiment d’impuissance et d’inutilité sociale contribue à nourrir les rancoeurs et angoisses, au fil des partenariats, Le Cerese peut soutenir des initiatives d’autres structures et acteurs, qu’elles concernent le plan personnel (s’apaiser et aiguiser un esprit critique), relationnel (dialogues, inter-religieux, co-créations, projets), social (participation et pouvoir d’agir) ou de diffusion de connaissances (conférences, rencontres…).


L’objet social du Cerese : « Contribuer à favoriser le vivre ensemble, à lutter contre les radicalisations et les décrochages scolaires, relationnels et sociaux. Pour cela, Le Cerese développe des actions en faisant le lien entre le soin, le social, l’éducation, l’innovation sociale et sociétale, les sciences humaines, la création et la recherche. Il produit et diffuse des connaissances, des expériences et des outils qui participent à une approche pluri-disciplinaire de l’être humain et de son évolution dans une société en mutation. Le Cerese mène des recherches sur la mémoire, la conscience et les devenirs, et sur les processus de paix au niveau personnel et collectif. Il met en œuvre des collaborations et des actions, ateliers, formations, rencontres, conférences, colloques, productions écrites, vidéos, créations, centre de ressources… permettant d’échanger ces recherches et de les diffuser, en favorisant les mixités sociales, professionnelles, intergénérationnelles… Et développe les moyens humains et matériels, les partenariats et collaborations nécessaires à la réalisation de ces objectifs… »

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