LIEN. Les routes de l’esclavage (Arte)

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Un excellent documentaire en quatre parties : Lien sur Arte.

Partie 1 : Au-delà du désert. 476 > 1375

Partie 2 : Pour tout l’or du monde. 1375 > 1620

Partie 3 : Du sucre à la révolte. 1620 > 1789

Partie 4 : Les nouvelles frontières de l’esclavage. 1789 > 1888


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HISTOIRE. Rencontre avec l’historien Daoud Riffi à propos du wahhabisme

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L’article est publié sur le site des Cahiers de l’Islam. Très utile pour mettre les points sur les i du wahhabisme, et de ce qu’il a malmené depuis le 18ème siècle au sein de la religion islamique.

« Condamné à ses débuts comme une innovation et une hérésie, souvent confondu avec le salafisme, le wahhabisme saoudien demeure mal connu. Afin d’y voir plus clair, Daoud Riffi, professeur d’histoire et de géographie, chercheur en histoire du monde arabe contemporain, éditeur (éditions Tasnîm) et cofondateur de la librairie militante Lumières d’Orient , revient sur les origines du wahhabisme .

Entretien réalisé par Jihâd Gillon et publié, précédemment, sur le site Querelles d’Orient.

Pouvez-vous évoquer les origines de Abd al-Wahhab et son parcours « intellectuel » ?

Muhammad Ibn Abd al Wahhab est un imam et prédicateur né en 1703 à ‘Uyayna dans la région du Najd, au cœur de l’Arabie. Le Najd, dépourvu d’intérêt stratégique à l’époque, est alors aux marges de l’Empire ottoman. Il est le fils et le petit-fils de savants ayant fonction de juge pour les oasis de la région.

Du fait de son origine familiale il était logique qu’il étudie auprès de oulémas, notamment issus du même milieu hanbalite : comme l’exige la tradition de voyage à des fins de connaissance, il se rend pour cela à La Mecque, Médine et Bassorah, tous proches de son Najd natal. Remarquons d’emblée que son parcours estudiantin est finalement limité.

Géographiquement d’abord : il est alors courant pour un tâlib, un étudiant, de parcourir des contrées bien plus grandes – vers Al-Azhar en Égypte, voire la Qarawiyyine marocaine ou encore l’Inde – à la recherche de la science.

Qualitativement ensuite : même les hagiographes saoudiens du cheikh wahhabite ne font pas mention de notables ijâzâtes – ces fameuses licences obtenues auprès des maîtres permettant à l’étudiant de transmettre lui-même. Seuls trois savants sont cités par les biographes. Ses environnements géographique et intellectuel furent donc limités à sa région d’origine.

On entend souvent dire que le wahhabisme s’attache à une lecture littérale des textes.

Parler de littéralisme pour cette doctrine est à la fois inexact et périlleux. C’est d’ailleurs un préjugé ayant la vie dure puisque les observateurs européens de l’époque ont déjà l’impression que le wahhabisme est un retour au « mahométisme le plus pur », selon l’expression de l’explorateur William Gifford Palgrave (m. 1888).

Périlleux d’abord : le littéralisme, comme son nom l’indique, implique que l’on s’attache à la lettre même du message. Cela revient à dire que les « non-wahhabites » ne sont pas littéralistes, ne respectant donc pas la lettre du Coran et suivant ainsi leurs interprétations personnelles : c’est exactement le discours que tiennent les wahhabites et on les conforte là dans leurs prétentions à être seuls attachés de manière authentique au message coranique.

Inexact ensuite : le wahhabisme est en réalité une lecture, erronée pour partie et très limitative, d’une certaine variante du hanbalisme.

Rappelons que la jurisprudence sunnite est organisée autour de quatre écoles juridiques, dont le hanbalisme. On présente souvent, à tort là aussi, l’école hanbalite comme plus rigoriste que les trois autres – hanafite, malékite, chaféite (renforçant l’idée que le wahhabisme, avatar du hanbalisme, serait un littéralisme).

Le savant damascène Ibn Taymiyya (m. 1328), qui a tant fait parler de lui, appartenait à cette école : il sera le modèle d’Ibn Abd al-Wahhab. Ibn Taymiyya a créé la polémique autour de certaines de ses positions, juridiques et théologiques, ce qui lui valut la prison (où il mourra d’ailleurs). Mais malgré ces positions qui attirèrent sur lui les foudres des savants de toutes époques, il resta cependant un savant inscrit dans le cadre de l’islam classique, y compris dans son rapport au soufisme (alors même que ses positions pouvaient être rigides dans ce domaine) : il était d’ailleurs affilié à la confrérie Qadiriyya. Le grand traditionniste (muhaddith) Ibn Hajar al-Asqalani (m. 1449) affirme même qu’Ibn Taymiyya, avant sa mort, s’est repenti devant témoin de ses positions, en particulier théologiques.

Toujours est-il qu’Ibn Abd al-Wahhab se rattachera, non à la tradition hanbalite en tant que telle, mais à une certaine lecture qu’il fait d’Ibn Taymiyya, notamment de ses positions problématiques et de sa démarche globale : sa prétention à revenir directement aux Sources islamiques (Coran, Sunna), en dépassant les querelles d’écoles juridiques (d’où l’apparent littéralisme) et en s’opposant ainsi à l’imitation des positions adoptées par celles-ci (al-taqlîd).

Ibn Taymiyya sera sa référence, mais le maître damascène était un savant, contrairement à l’ »élève » posthume. Le hanbalisme wahhabite est donc doublement limité : c’est un néo-hanbalisme, via un Ibn Taymiyya lui-même revisité.

Retour aux sources oblige, Abd al-Wahhab revendiquera également le droit à pratiquer l’ijtihâd (l’interprétation personnelle) dans le domaine juridique, se plaçant ainsi dans la grande tradition des savants majeurs de l’islam, droit que lui dénieront toujours ses opposants.

Cette prétention d’un retour aux sources, au-delà de la vision idéalisée que l’on en a souvent et de son aspect a priori vivifiant, est en réalité la racine du mal et porte en elle les germes de son hétérodoxie. Car ce retour implique nécessairement le rejet des méthodes héritées de la tradition savante des siècles passés, bien qu’Ibn Abd al-Wahhab se soit toujours défendu d’innover, se réclamant ouvertement du hanbalisme.

C’est ce rejet de la tradition qui fonde la paradoxale modernité du wahhabisme et portera un coup fatal aux structures socio-intellectuelles du monde musulman, lourd de conséquences aujourd’hui encore.

Le wahhabisme n’est donc pas littéraliste au sens strict – ses partisans interdisent souvent des actes ayant bien un fondement scripturaire – mais il défend une certaine interprétation des Sources qui, pour partie, est anti-traditionnelle, en ce sens qu’elle déroge aux normes fondamentales d’extraction des règles à partir de ces Sources. C’est cette hétérodoxie foncière qui justifiera la violente campagne menée depuis toujours par leurs opposants au sein de la classe des ulémas.

Les savants de l’époque vont s’attacher à réfuter les thèses d’Abd al-Wahhab, qu’ils qualifient d’hérétique.

Oui, à commencer par Sulayman Ibn Abd al-Wahhab, le propre frère du cheikh wahhabite. Cette histoire des réfutations est d’ailleurs encore dans une large mesure à faire, même si Hamadi Redissi, dans son « Pacte de Nadjd », en a posé les jalons.

L’opposition savante va essentiellement prendre la forme de fatwa-s et de lettres récapitulant les causes de condamnation de l’agitateur najdite. L’amplitude des réactions – les savants écrivent depuis le Maroc jusqu’en Inde – est liée à une triple cause.

D’abord l’agitation wahhabite a lieu en Arabie, à proximité des lieux saints : les pèlerins du monde entier, confrontés aux troubles que le mouvement génère (les wahhabites font notamment le blocus autour de La Mecque et empêchent l’arrivée des pèlerins), annonceront donc la nouvelle dans leurs contrées d’origine. C’est ensuite l’ampleur elle-même des actes commis par les wahhabites qui explique la réaction internationale : destructions de sanctuaires religieux (tombes de saints notamment ; ils vont même tenter de détruire celle du Prophète) ; pillages et massacres ; remise en cause de l’autorité publique (affiliée à l’Empire ottoman) en décidant d’appliquer de facto des sentences (y compris la peine capitale) sans recours aux tribunaux existants, etc.

C’est enfin la stratégie même du prédicateur najdite qui va provoquer les réactions, stratégie qui en dit long sur sa vision du monde musulman et de lui-même. Dans sa prétention à reproduire la geste prophétique, il va envoyer aux chefs religieux des différentes contrées musulmanes des lettres les avertissant de son « message » (à l’instar du Prophète qui avait envoyé des lettres aux dirigeants – non musulmans eux – entourant l’Arabie) et les enjoignant à la conversion. Ce simple acte est une insulte pour les savants puisqu’il place Ibn Abd al-Wahhab dans le sillage du Prophète et eux-mêmes dans celui des souverains non-musulmans de son époque. C’est, en substance, un acte d’excommunication qu’il fait là, ou au minimum une remise en cause de leur orthodoxie.

Extrait des "Trois fondements/principes" (al-Usûl al-thalâtha) de Muhammad Ibn Abd al Wahhab/wikipedia

Extrait des « Trois fondements/principes » (al-Usûl al-thalâtha) de Muhammad Ibn Abd al Wahhab/wikipedia

Les répliques savantes – dont l’intitulé récurrent parle de lui-même : « Réfutation (radd) de l’égaré qui égare… » – tournent généralement autour des mêmes condamnations. Elles accusent Ibn Abd al-Wahhab de bid’a (innovation blâmable), lui reprochent sa pratique injustifiée de l’ijithâd en contradiction flagrante avec les avis juridiques des quatre écoles, son exclusivisme qui impose une doctrine rigide et unique, ses erreurs méthodologiques graves qui conduisent à l’excommunication, son insolence envers le Prophète, son appel injustifié du jihâd et au meurtre de musulmans, etc.

À ces condamnations écrites par des savants géographiquement éloignés s’ajoutent le « Radd », la réfutation, du frère d’Ibn Abd al-Wahhab, Sulayman (qui taxe le chef wahhabite d’ignorant et d’incompétent).

Relevons enfin celle du savant Ibn Zayni Dahlan (m. 1886), mufti shafiite de la Mecque, auteur entre autres du célèbre « Fitnatu -l wahhabiyya » (« La Sédition wahhabite »). Celui-ci assimile les wahhabites aux kharijites évoqués par le Prophète de l’Islam dans un fameux hadîth (« Ils sont sortis de l’islam plus vite que la flèche ne sort de l’arc »). Les kharijites sont dans l’histoire musulmane le symbole de la sédition hérétique et de la violence aveugle : l’assimilation des wahhabites à ce groupe sera une constante jusqu’aujourd’hui. À cela s’ajoute, dans beaucoup de critiques faites au mouvement, l’évocation de dits prophétiques condamnant le Najd comme le lieu d’où doivent surgir troubles, séditions et faux prophètes.

Sur quoi se fonde cette pratique, particulière au wahhabisme, de l’excommunication, du takfir ?

Cette tendance à l’excommunication (plus ou moins forte selon les tendances internes à ce mouvement) repose sur deux innovations.
– La première innovation, dans le domaine théologique, est initiée par Ibn Taymiyya mais Ibn Abd al-Wahhab la reprendra à son actif. Elle consiste en une subdivision du credo musulman – al tawhîd, l’unicité divine – en deux éléments à observer : la proclamation de l’unicité divine en sa qualité de seigneurie (tawhîd al-rububiyya) et en sa qualité de divinité (tawhîd al-ulûhiyya). Concrètement, et pour résumer, il est possible, selon les wahhabites, de reconnaître la souveraineté divine tout en restant polythéiste car on commet un acte qui relève de la divinisation d’une créature : ils visent ici ceux qui recherchent l’intercession des saints. Cette subdivision, condamnée par de grands savants, tel l’azharite Yusuf al-Djiwi (m. 1946), va contribuer à exclure de l’islam toute une partie des musulmans.

Deuxième innovation, liée à la précédente, dans le domaine juridique : la confusion dans le statut des actes. Là aussi le reproche sera fait par les savants du vivant même d’Ibn Abd al-Wahhab : les wahhabites confondent en effet dans leurs jugements ce qui relève de l’orthopraxie – les questions de fiqh (jurisprudence) – et ce qui relève de l’orthodoxie – le credo. En droit sunnite, le musulman qui pèche ou qui pratique de manière incorrecte un rite pourra être considéré tantôt comme pécheur, tantôt comme innovateur. Aux yeux du wahhabisme par contre il pourra entrer dans la catégorie du renégat, du kâfir. Cette grave erreur – symptôme d’incompétence foncière d’Ibn Abd al-Wahhab pour les oulémas – aura concrètement des conséquences dramatiques dès l’époque, en particulier dans la véritable guerre qu’Ibn Abd al-Wahhab va mener contre le soufisme et les pratiques populaires associées, à tort ou à raison, au soufisme.
Ces pratiques consistent souvent, entre autres, en la visite faite aux tombes de saints défunts dans l’espoir de s’exposer à leur baraka, bénédiction, ou d’obtenir leur intercession (al-tawassul). Si des controverses entre savants ont toujours existé concernant le statut de l’intercession – on trouve des arguments des deux côtés et des grandes autorités pour ou contre – elles vont prendre un nouveau statut avec le wahhabisme. Alors que les savants du passé qui jugeaient ces pratiques répréhensibles les faisaient entrer dans la catégorie du harâm ou du makrouh – l’interdit ou la forte réprobation – pour Ibn Abd al-Wahhab il s’agit de shirk, d’associationnisme, faisant donc sortir la personne ipso facto de l’islam. La recherche d’intercession, de baraka, etc., ne relève alors plus des questions de fiqh, mais désormais de credo.

Ajoutons à cela le fait qu’Ibn Abd al-Wahhab s’arroge le droit de juger, d’appliquer des sentences et de proclamer le jihâd – surtout depuis son alliance avec le chef des Saoud, Muhammad Ibn Saoud (m. 1765) – et l’on devinera les conséquences d’une telle idéologie d’excommunication : les wahhabites déclareront licites de tuer les musulmans, renégats selon eux, dans ce qu’ils estiment être un nouveau jihâd. On mesure la terrible actualité de cette histoire, même si les mouvements takfiristes actuels ont donné un aboutissement encore plus extrême à cette idéologie.

La fin de la seconde Guerre mondiale marque pour vous le début d’une seconde phase du wahhabisme, avec l’entrée de l’Arabie saoudite sur la scène internationale.

Oui en effet. Historiquement on peut dire que le wahhabisme a été renforcé par deux alliances : celle entre Ibn Abd al-Wahhab et Muhammad Ibn Saoud d’une part et celle entre Franklin D. Roosevelt et Abd al-Aziz Ibn Saoud d’autre part. 

– La première alliance, en 1745, avait assuré à la doctrine religieuse un bras armé dont la fonction était d’incarner la force politique et militaire du wahhabisme, ce dernier étant strictement religieux. D’où les deux dynasties structurant jusqu’à aujourd’hui l’Arabie saoudite : les Ahl al-Shaykh, élite religieuse descendante d’Ibn Abd al Wahhab, et celle des Saoud, la monarchie au pouvoir.

Roosevelt avec le roi Al-Saoud sur le croiseur Quincy William Leahy sur le Quincy en 1945/Wikipedia

Roosevelt avec le roi Al-Saoud sur le croiseur Quincy William Leahy sur le Quincy en 1945/Wikipedia

– La seconde alliance, entre le président américain et le roi saoudien en 1945, aura pour conséquence la pérennisation de ce pouvoir par un double élément. D’abord l’Arabie saoudite sort de la sphère d’influence britannique pour rejoindre celle des États-Unis ; rappelons-nous que les chefs arabes s’étaient alliés à l’Angleterre contre l’Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale. Avec l’alliance américano-saoudienne, les Saoud s’assurent la protection de la future première puissance mondiale.

Ensuite, avec la découverte du pétrole, cette alliance va devenir un partenariat économique durable, achevant l’impunité saoudienne à tous les niveaux.

Protection politique, puissance économique : l’Arabie saoudite est durablement installée comme un État respectable à part entière. Ce que montrent tout récemment encore les contrats de dix milliards d’euros signés à Riyad par Manuel Valls, si « regardant » pourtant sur la question de l’islam en France…

Les autorités saoudiennes se défendent en arguant que le wahhabisme fait partie de leur tradition. C’est pourtant un mouvement religieux bien peu traditionnel.

Avec le wahhabisme nous sommes dans le cadre de ce que l’on peut appeler « l’invention d’une tradition », pour reprendre une expression de l’historien Eric Hobsbawm. En effet, comme expliqué précédemment, le wahhabisme, dès son origine, entre en rupture avec une tradition islamique pluriséculaire. 

Pour comprendre cela il faut revenir sur ce qui constitue La tradition à l’époque, c’est à dire l’orthodoxie sunnite héritée (ahl al-sunna wa al-jamâ’a). Celle-ci se concentre autour de trois éléments qui englobent l’entièreté de la vie religieuse du croyant : la foi, le droit, la spiritualité.
Ces trois domaines trouvent leurs sources dans le fameux « hadith Jibril », ainsi nommé car il narre un dialogue entre le Prophète et l’ange Gabriel (Jibrîl en arabe), qui prit apparence humaine pour l’occasion. Parmi les questions posées par l’ange au Prophète on retiendra les « qu’est-ce que al-îmân [la foi], al-islâm [la soumission à Dieu] et al-ihsân [l’excellence] ? ». Ces trois éléments fondamentaux donneront naissance aux trois grands domaines de la connaissance en islam, avec chacun sa méthodologie, ses grandes autorités et son vocabulaire spécifique :

– la théologie (îmân) avec ses trois écoles ;
– le droit (islâm) avec ses quatre écoles ;
– la spiritualité (ihsân) avec ses « écoles » que sont les confréries soufies.

La « sortie » de la tradition opérée par le wahhabisme aura lieu dans ces trois domaines fondamentaux : par leur critique des interprétations du dogme faites par les écoles théologiques (les wahhabites auront une tendance marquée à l’anthropomorphisme) ; par leur relativisation, voire leur condamnation, des écoles juridiques (madhab-s) ; par leur détestation de toutes les confréries soufies.

Une fois l’Arabie conquise, en 1925, le travail conjugué du pouvoir politique (renforcé par les pétrodollars) et religieux (avec la dynastie des Ahl al-Shaykh) sera de normaliser le wahhabisme et de convaincre qu’il n’est pas une innovation mais bien l’islam des salaf-s, des premières générations de l’islam : le « salafisme ».

Pour cela le royaume wahhabite va étendre sa propagande :

– par le financement de fondations religieuses dans le monde et d’ouvrages dans toutes les langues ;
– par la diffusion du message auprès des pèlerins (qui reviennent systématiquement avec des livrets wahhabites) ;
– par la création d’universités qui copieront les modèles préexistants, en particulier celui d’al-Azhar en Égypte. Ces universités, au mode de fonctionnement moderne, sont aujourd’hui encore un outil majeur dans la « wahhabisation » du monde musulman.

Car il faut insister là-dessus : il n’y avait aucune tradition de « ilm », de connaissance religieuse forte, dans l’Arabie centrale avant Ibn Abd al-Wahhab. Les historiens et biographes arabes du XIXe siècle comme les chercheurs occidentaux actuels s’accordent pour dire qu’il n’y a pas à l’époque de filiation intellectuelle reliant le Najd à la grande tradition hanbalite médiévale de Syrie ou d’Irak. Pour reprendre l’expression du chercheur Nabil Mouline, Ibn Abd al-Wahhab était « l’homme de quelques livres ». Les étudiants najdites d’alors étaient contraints de voyager pour étudier car il n’y avait pas de savants faisant autorité dans leur région. Entendons « savants » au sens d’hommes de sciences transmetteurs de sanad-s, ces chaînes de transmission qui seules accordent une légitimité au savant.

Fait notable : jusqu’au début du XXe siècle les biographes officiels du prédicateur najdite ne chercheront pas à éluder cette absence de légitimité scientifique. L’unique bagage intellectuel livresque d’Ibn Abd al Wahhab, le couple « Ibn Taymiyya-Ibn al-Qayyim » (élève du premier), était parfaitement assumé. Il faudra attendre la prise de pouvoir définitive des Saoud en Arabie, en 1925, pour que l’on commence à chercher une légitimité plus ancienne. C’est à ce moment que commence l’invention de la tradition.Dans « Les Clercs de l’Islam », Nabil Mouline montre bien comment s’est élaborée cette orthodoxie wahhabite, par une institutionnalisation artificielle de la secte d’hier. Les oulémas-historiens officiels vont construire de toute pièce un passé intellectuel au Najd, forgeant des sanad-s sans preuve scripturaire. C’est le cas par exemple des travaux du cheikh Abdallah Bassam, contraint de s’appuyer sur des récits populaires évoquant des miracles pour justifier les incohérences historiques de son travail, un comble pour des hommes qui détestent l’évocation de récits surnaturels ! Parallèlement est élaborée une pseudo-histoire : celle d’un monde musulman, en particulier l’Arabie, où les populations seraient retombées dans un paganisme pire que celui de la Jahiliyya, l’anté-islam. Les élites n’auraient été quant à elles que composées de « savants-ignorants », imitateurs des erreurs juridiques passées et de soufis innovateurs. Le salut ne serait donc dû qu’à la doctrine d’Ibn Abd al-Wahhab et à l’épée des Saoud. La tradition est désormais inventée.

Par quels processus ce wahhabisme est-il en train de s’imposer comme l’islam orthodoxe ?

Il y a plusieurs causes à cette « réhabilitation de l’hérésie », selon l’expression de Hamadi Rédissi. D’une part nous avons vu que, pétrodollars et contrôle des Lieux saints aidant, l’Arabie saoudite avait tous les moyens pour étendre sa propagande : par l’aide financière apportée à l’édition d’ouvrages, la construction de mosquées et de centres islamiques partout dans le monde.

Un second élément sera déterminant dans l’audience sans cesse accrue des idées wahhabites : la destruction des structures socio-culturelles des sociétés musulmanes.

Ici le rôle de la colonisation sera central notamment dans les colonies françaises. Pour résumer, on peut dire que la colonisation crée deux ruptures.

– D’abord, en s’appuyant sur certains acteurs officiels de l’islam institutionnel (oulémas, chef de confréries…), les autorités coloniales vont alimenter les préjugés véhiculés par les intellectuels partisans d’une réforme de l’Islam. Ces préjugés font des savants officiels et des confréries soufies des relais coloniaux et la source d’abrutissement des populations. Les conséquences de la stratégie coloniale seront dramatiques : cela va définitivement discréditer les institutions religieuses traditionnelles, perçues comme collaborationnistes [1], ouvrant ainsi la porte à de nouveaux acteurs qui véhiculeront les idées wahhabites.

– Deuxième rupture : la colonisation achève le processus de pénétration de la modernité en pays de l’Islam – modernité portant en elle les germes de destruction de la tradition.

Modernisation des sociétés et évacuation des anciennes élites traditionnelles laisseront le terrain libre à une figure inédite qui deviendra centrale dans le paysage islamique et dans sa « wahhabisation » : l’intellectuel (muthaqqaf). Ce muthaqqaf est un « touche à tout » : tantôt journaliste, tantôt écrivain, tantôt penseur, tantôt militant politique. Il va progressivement remplacer le savant.

Il serait trop long de relever ici l’importance que ces intellectuels vont avoir dans l’introduction du wahhabisme dans la sphère de l’orthodoxie, mais notons simplement que ceux-ci vont jouer un rôle majeur dans les mouvements indépendantistes qui prendront le pouvoir après la colonisation. À l’indépendance c’est leur vision de l’islam qui sera très largement promue : en particulier la relativisation de l’héritage juridique traditionnel et la détestation du soufisme (notamment populaire). Ils participeront à la construction de l’histoire mythologique dont je parlais, où l’islam traditionnel sera présenté comme la source de la déchéance du monde musulman et de son « retard » dans son « développement » face à l’Occident. Le « progrès », en particulier technique, deviendra l’obsession des intellectuels du monde arabe, au moment même où, en Europe, des voix se font entendre pour dénoncer les dérives de la modernité… mais cela est une autre histoire. »

_______________
[1] Cette remise en cause d’un prétendu collaborationnisme foncier des élites traditionnelles (savants et soufis) reste à faire. Différents travaux d’historiens permettent cependant d’affirmer que cette vision est largement exagérée, pour ne pas dire fausse. Le confrérisme soufi en particulier sera la force majeure du jihad lancé contre les armées coloniales. La colonisation de l’Afrique du Nord par exemple, voit une forte opposition des confréries qui seront dans la ligne de mire des autorités coloniales : Kattâniyya, Rahmâniyya, Sanûsiyya par exemple. La figure de l’émir Abdel Kader étant la plus illustre, mais non la seule.


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PRESSE. Plus de 500 mots couramment utilisés en français portent la marque de l’arabe

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Lu sur France Culture
17/12/2017


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OUTIL. Histoire chronologique au fil des siècles et du temps présent

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Que ce soit au niveau personnel ou au niveau collectif, la conscience de ce qui eut lieu et des liens entre événements permet d’y voir plus clair dans le présent – et dans ce qui pourrait advenir.
Vous trouvez quelques dates-clefs permettant de lire certains fils conducteurs dans les événements collectifs.
Cette liste n’est pas exhaustive, je la complète au fil du temps. Quant aux événements de l’actualité, j’en note quelques uns, mais il faudra un peu de recul pour trier entre l’anecdotique et le structurel.

Cette liste, quand nous en ressentons le sous-texte et les lames de fond, parle
Les mutations socio-culturelles et politiques, qu’elles soient lumineuses ou sombres, suivent actuellement un rythme identifiable.
> En 2011, une puissante volonté de changements s’exprima selon deux grandes lignes de force : des mouvements de contestation cherchant « un monde meilleur »  (Printemps arabe, les Indignés, Occupy Wall Street…) et des forces extrêmement sombres (EI, Daesh, extrêmes droites…).
> Si nous observons l’évolution de Daesh, un tournant collectif eut lieu ensuite en 2014 (proclamation du califat), un autre en 2017 (perte du territoire physique en Syrie-Irak, mais mutation et déplacement du problème), les prochaines étapes-clefs pourraient avoir lieu en 2021 puis 2025. Comme si les jaillissements de 2011 se remaniaient tous les 3,5 ans et tous les 7 ans, en changeant parfois de formes mais en continuant de tracer leurs lignes de fond.
Sandrine Delrieu

2018

Particularités de l’année 2018 :
– Dans la continuité de l’automne 2018, la volonté d’aller ”à la racine” de certains problèmes d’abus de pouvoir et de violences récurrentes : le sexe (suite de #balancetonporc), les armes (États Unis).

14 février 2018 : ”Est-ce le drame de trop aux Etats-Unis ? Quelques jours après la tuerie survenue mercredi 14 février, au cours de laquelle Nikolas Cruz a tué 17 personnes dans son ancien lycée de Parkland, en Floride, la colère monte, notamment chez les jeunes, contre l’accès facile aux armes à feu dans le pays. « Croyez-moi, nous allons être le changement », a notamment affirmé l’un des survivants.” (article complet). Le cri de colère de la jeune Emma Gonzalez a fait le tour des réseaux sociaux. Le NRA, le lobby des armes est ciblé, ainsi que tous les politiques qui ont reçu de l’argent de leur part.

27 janvier 2018 : Un tragique attentat à Kaboul, sur fond de tensions politiques. (lien)
20 janvier 2018 : La Turquie lance une opération militaire dans une zone kurde en Syrie (lien)
12 janvier 2018 : Agression en prison par un détenu radicalisé Vendin Le Vieil (lien). La question épineuse des prisons.
12 janvier 2018 : ALGÉRIE. Pour la première fois, le premier de l’an berbère, selon le calendrier Amazigh, est un jour férie (lien). Cette reconnaissance pourrait ouvrir une brèche, qui renvoie le mot « arabe » à son origine, dans cette Arabie devenue un jour « Saoudite ».

2017

Particularités de l’année 2017 :
– Année en lien avec la poussée de changements qui eut lieu en 2011.
– Année qui nous plonge dans un vaste questionnement sur les « fake news » – et donc sur la réalité, et sur « l’acte de penser ».

23 novembre 2017. Un attentat d’une violence terrible dans une mosquée au Nord de l’Égypte. Plus de 300 fidèles morts, des blessés. (Lien)

Mi novembre 2017 : Des images filmées par CNN montrent des marchés d’esclaves en Lybie. (Article). Les réfugiés qui avaient traversé la mer (sans y mourir) le racontait. Il fallait sans doute des images pour que cela touche plus largement les personnes et les médias. Mais est-ce que cela change quelque chose sur place ?

Post facebook 2017

  • Ce que cela provoque : Des paroles se libèrent également dans les réseaux sociaux à propos du racisme des « arabes » vis à vis des « noirs », des africains du Nord vis à vis des africains du Centre et du Sud. 
  • Le chercheur Tidiane N’Diaye a écrit un livre sur ce sujet. Le génocide voilé.
    Voir également la série de documentaires d’Arte : « Les routes de l’esclavage« 


5 novembre 2017. Affaire des « Paradise Papers », nouvelle histoire des paradis fiscaux (Article)

20 octobre 2017. Tarik Ramadan est accusé d’agressions sexuelles et de viols (Article).

  • Ce que cela questionne : Dans le cas de Ramadan, la justice tranchera. Mais cette affaire révèle un type de comportements qui existe bel et bien, et qui révèle un décalage, voire une opposition totale, entre le personnage et la personne.

13 octobre 2017. « Le premier tweet #balancetonporc est publié le vendredi 13 octobre par Sandra Muller (suite à l’affaire Harvey Weinstein). Avec plus de 20 000 utilisations (dimanche à 13 heures), le hashtag #balancetonporc est devenu, dans la nuit du samedi au dimanche, un des plus fréquents sur Twitter France ». (Article)

À PARTIR DU MOIS D’OCTOBRE 2017, L’AIR DU TEMPS EST À LA LEVÉE DE CERTAINS TABOUS, de ce que certains savaient – mais où le fait de savoir ne changeait rien de manière structurelle, car il n’y avait pas d’actes engagés vers un « changement de système ». Plusieurs révélations et scandales concernent le fait de considérer l’autre comme un objet, une marchandise (abus sexuels, esclavagistes…). Pouvoir, argent… À l’heure d’internet, les récits font vite le tour de la planète (connectée). 

2 octobre 2017.  Une fusillade à Las Vegas lors d’un concert. (Lien)
1 octobre. Laura et Mauranne, deux jeunes filles assassinées à Marseille, devant la gare, à coup de couteau. (Lien)

1 octobre. Un référendum en Catalogne, la police qui tente de l’empêcher. Une violence assez inouïe (Lien).
8, 9 juillet. G20 à Hamburg et manifestations. Le rapport de force entre opposants et policiers semble prendre de plus en plus d’ampleur au fil des GXX (Images)

8 avril 2017. Attentats dans 2 églises coptes en Égypte (Lien).

6 avril 2017. Vénézuela. Depuis fin 2015, une crise oppose le Parlement (opposition) et le chef de l’État, Maduro. Fin Mars par exemple, manifestations et violences ICI. Depuis quelques mois, le Vénézuela semble risquer un ambiance de dictature (Lien) mais une « suspension de jugement » semble nécessaire : les informations qui nous parviennent racontent une chose et son contraire, et cela renvoie aux paradoxes actuels : l’information la plus visible finit par créer une image de la réalité – qui n’y correspond pas forcément. Alors, que penser ? Si ce n’est que la violence reste la violence et que parfois, les vies s’y brisent.

4 avril : Syrie, à Khan Cheikhoun, des dizaines de personnes décédées suite à une attaque chimique (Lien). En réponse, le 6 avril, l’armée américaine (Trump) tire 59 missiles contre une base aérienne syrienne.
La question des preuves (qui fait quoi en Syrie ?) est toujours présente. La seule certitude dans l’instant étant la souffrance, le drame de ceux qui meurent, sont blessés, terrorisés.

  • Ce que cela laisse présager : de multiples pressions pour les citoyens du monde :
    > des tensions géopolitiques entre grandes puissances (USA, Russie, Chine, Europe…)
    > des tensions économiques insupportables
    > une amplification des clivages bien / mal avec leurs colorations religieuses et identitaires.
    > une tension au niveau des états, entre la mission de protection des populations de la violences des « autres », la confusion entre agressions et oppositions politiques, et le risque d’une tendance à l’autoritarisme « pour notre bien ».
    > un conflit entre les générations, entre des personnes âgées qui se crispent sur leur sécurité et une jeunesse dont la vitalité est bien souvent saccagée. Une jeunesse qui se sent « utilisée », dont une partie décroche soit dans la violence, soit dans un retour à la vie plus ou moins clanique… en dehors du système.

31 mars 2017 : Paraguay. Le congrès pris d’assaut après le vote d’un amendement permettant au président de se représenter (Lien).

27 mars : Russie. Manifestations contre la corruption du pouvoir (Lien)

Mars 2017 : les actes meurtriers s’enchaînent au fil des jours, au nom d’un dieu ou pas. Le 16 mars dans un collège de Grasse, le 17 mars à l’aéroport d’Orly, le 22 mars à Londres

2 février 2017 : émeutes dans les banlieues, 12 ans après celles de 2005.

31 janvier : Roumanie. Le gouvernement fait passer un décret de réduction de certaines peines de prisons, notamment en cas d’abus de pouvoir. Les citoyens descendent dans la rue. Le décret est annulé le 4 février, mais…

25 janvier : début de « l’affaire Fillon » et des emplois fictifs présumés de sa femme, suite à un article du Canard enchaîné. (Lien)

1 janvier 2017 : Reina, Istanbul, au premier de l’an de larmes. (lien)

2016

19 décembre : Un lundi glacial. Meurtre de l’ambassadeur de Russie à Ankara, un camion tue à Berlin sur le marché de Noël, une fusillade à Zurich contre un centre de prière islamique, une mosquée incendiée à Château Thierry, des attentats en Jordanie et à Grosny, les guerres en Syrie… et tout ce que l’on ne sait pas (encore).

  • Ce que cela questionne : Comment ne pas se faire prendre dans une série d’actions-réactions sans fin, qui au fur et à mesure des drames et des horreurs, peuvent nous amener à un déchainement sans fin.

9 décembre : Destitution de la présidente de Corée du Sud pour corruption.

17, 18 novembre : Début d’un retour vers le passé en Tunisie, qui travaillera jusqu’à l’été 2017.

8 novembre : élection de Donald Trump au USA.

  • Ce que cela raconte : une sidération perplexe, la fin d’un monde, l’entrée dans une période où nous ne savons pas… 
    Cet article du géographe Christophe Guilluy apporte un éclairage (Lien).

27 octobre : Le décès de Mouhcine Fiori au Maroc rappelle celui de Mohamed Bouazzi en Tunisie le 17 décembre 2010.

  • Ce que cela raconte : une réactivation du « Printemps arabe » et de ses défis ?

17 octobre 2016 : Mossoul, une ville assiégée

31 août : Les plus anciennes traces de vie découvertes au Groenland. Une activité microbienne remontant à 3,7 milliards d’années, 800 millions d’années environ seulement après la formation de la Terre. (Lien)

  • Ce que cela raconte : nos ancêtres communs (les revendications identitaires et le narcissisme ambiant se calment quand nous changeons d’échelle).

20 août : Discours du roi du Maroc, Mohammed VI : s’unir contre le radicalisme et le terrorisme.

22 août : L’iman de Brest, Rachid Abou Houdeyfa, est menacé de mort par Daesh pour avoir incité lors d’un prêche à faire son devoir de citoyen en votant lors des élections « au lieu de se lamenter ». Lui qui, dans ses prêches, disait que l’on devient un porc quand on manque du porc…

  • Ce qui a lieu : Une volonté d’opposer le politique, la participation sociale, et une vision de la religion « au dessus de tout ». Lois humaines contre lois divines (ou fantasmées comme telles).

Août : Siège d’Alep en Syrie.
Août : Le burkini sur les plages. Interdictions dans certaines villes. Un certain racisme envers les « musulmans » et « arabe » commencent à s’exprimer ouvertement dans les lieux publics.

  • Ce qui questionne : Le monothéisme et le corps, l’obsession du pêché, le corps de la femme, le corps de la mère, les wagons de fantasmes, l’obsession, la culpabilité.

26 juillet : Le Père Hamel, prêtre assassiné à l’Église Saint-Etienne-du-Rouvray. (Lien).

15 juillet : Coup d’état en Turquie.
14 juillet : Massacre à Nice, le camion sur la promenade des anglais.
13 juin : Meurtre de 2 policiers à Magnanville (Lien). Le tueur, Larossi Emballa, a fait une vidéo sur place, dont voici le texte.
12 juin : Tuerie dans la boite de nuit Pulse à Orlando (Lien)

31 mars 2016 : 1ère Nuit Debout. Le calendrier s’est arrêté, 32 mars, 33 mars…

  • Ce qui a lieu : Le désir impérieux d’un changement de système politique, de mentalité, de gouvernance, de paradigme.

Mars : En Arabie Saoudite, des scientifiques admettent que la femme est un mammifère, mais pas un « humain ». (Lien)

  • Ce qui est surprenant : L’article précise « Maintenant, les femmes seront considérées à part entière comme appartenant à la classe des mammifères, alors qu’avant on leur concédait le statut juridique d’un objet ou d’un mobilier de maison ». Une avancée donc.

2015

2 décembre : Sortie du film « Demain, un autre monde est possible » (Lien)

  • Ce qui émerge : Une synthèse de pistes très concrètes pour changer de système (énergie, argent, alimentation, écologie, éducation…). Un autre état d’esprit et un pouvoir d’agir (individuel et collectif).

30 novembre au 12 décembre : La COP21 à Paris

  • Ce qui émerge : Un emploi permanent du terme « radicalisation »

13 novembre : Attentats à Paris, le stade de france, les terrasses, le Bataclan.
7 janvier : Charlie hebdo, une sidération a commencé là en France, un glissement, une prise de conscience de la gravité de la situation.

2014

29 juin 2014 : Proclamation de l’établissement du califat islamique (Lien)

2011

Année d’un puissant élan de contestations politiques et sociales dans le monde.

17 septembre 2011 : début du mouvement Occupy Wall Street

15 mai 2011 : Début du mouvement des Indignés à Madrid.

Les différents événements du Printemps Arabe sont résumés ICI.
Février 2011 : SYRIE. « Des adolescents taggent sur les murs à Deraa « Liberté, Bashar dégage, Syrie libre ».
13 février : LYBIE. « Les émeutes armées éclatent à Benghazi, et gagnent Tripoli le 20 février. »
30 janvier : MAROC. « Les protestations marocaines commencent. »
25 janvier : ÉGYPTE. « Occupation de la place de la Libération (midan Tahrir) au Caire, pays dirigé depuis 30 ans par Hosni Moubarak. Le gouvernement est remanié le 27 sous la pression populaire. Le 28 janvier, la réussite de manifestations massives annonce la révolution égyptienne »
21 janvier : ARABIE SAOUDITE. « Un mouvement naît, pays dirigé par le roi Abdallah Ier.
18 janvier : YEMEN. « Ali Abdallah Saleh subit une contestation lancée par les étudiants. »
17 janvier 2011 : MAURITANIE, OMAN. Immolation et protestations.
14 janvier 2011. TUNISIE. Début du « printemps arabe – Ben Ali dégage ». Il fuit.
JORDANIE. Des manifestations commencent.

2010

28 décembre 2010 : ALGÉRIE. Manifestations. Pays dirigé depuis 1999 par Abdelaziz Bouteflika.
17 décembre 2010 : Le jeune vendeur ambulant, Mohamed Bouazzi, s’immole en Tunisie. Les émeutes suivront, amorçant la vague de manifestations du printemps arabe (Lien)

21 octobre 2010 : Parution du livre « Indignez-vous ! » de Stephane Hessel. Plus intéressant par ce qu’il représente, et la référence de Stephane Hessel au Conseil national de la Résistance, que par le contenu lui-même, à mon avis. (Lien)

2009

17 février 2009 : Publication du « Manifeste pour les produits de haute nécessité », par Ernest Breleur, Patrick Chamaseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William (Lien)

2008

14 septembre : Début de la crise financière. Plusieurs établissements financiers américains entrent en cessation de paiement, et sont sauvés in extremis par la Réserve fédérale américaine (Fed). (Lien)

2005

29 mai 2005 : Référendum sur le traité établissant une constitution pour l’Europe (aussi appelé traité de Rome II) . Le « non » l’emporte à 54,68% (Lien)

2001

11 septembre 2001 : New York, attentat des Twin Towers.

1995

31 mai 1995 : sortie du film La Haine de Mathieu Kassovitz. Un film qui alertait sur le bouillonnement explosif de certaines banlieues, et des conséquences de nombreuses discriminations, sentiment d’injustices et de misères.

1992

7 février 1992 : Signature du traité de Maastricht (Europe). Il entre en vigueur le 1 novembre 1993.

1989

9 novembre 1989 : Chute du mur de Berlin.

1979

11 février 1979 : Révolution iranienne. L’Ayatollah Khomeini prend le pouvoir, fin de l’empire d’Iran et du Shah d’Iran. (Lien)
1979 > 1989 : Guerre d’Afghanistan (troupes URSS)
puis Guerre civile d’Afghanistan (1989-1992) après le retrait des troupes russes.

1975

13 avril 1975 : Date communément choisie pour signifier le début de la guerre du Liban. (Lien)

1973

Printemps 1973 : Début de l’occupation de l’usine des Lip

  • Ce que cela raconte :  l’entrée dans une époque où la spéculation légitime la fermeture d’usines.

1961

17 octobre 1961. Violences très meurtrières contre une manifestation pacifistes  d’algériens organisée par le FLN à Paris (Lien wikipedia et Le monde)

1954 > 3 juillet 1962

Guerre d’indépendance – Algérie (colonisée depuis 1830)

1946 > 1954

Guerre d’Indochine.

1944

21 avril 1944 : Le droit de vote est accordé aux femmes en France (Lien permettant de voir à quelle date chaque pays l’a « accordé »).

1923

Démantèlement de l’empire ottoman (qui dura de 1299 à 1923). Il se réduit ensuite au territoire de la Turquie.

1920

Cette image est saisissante. Empires et colonies en 1920.

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1916

16 mai 1916 : « Les accords Sykes-Picot sont des accords secrets signés le 16 mai 1916, après négociations entre novembre 1915 et mars 1916, entre la France et le Royaume-Uni (avec l’aval de l’Empire russe et du royaume d’Italie), prévoyant le partage du Proche-Orient à la fin de la guerre (espace compris entre la mer Noire, la mer Méditerranée, la mer Rouge, l’océan Indien et la mer Caspienne) en plusieurs zones d’influence au profit de ces puissances, ce qui revenait à dépecer l’Empire ottoman. Ces accords secrets n’ont été finalement révélés au grand public que le 23 novembre 1917 dans un article des Izvestia et de la Pravda le 26 novembre 1917, puis repris dans un article du Manchester Guardian. Les accords Sykes-Picot ont pris de l’importance sous la forme d’une « légende noire » attribuant certains événements supposés aux Alliés pendant la Première Guerre mondiale, nourrissant plus tard les prétentions nationalistes arabes et islamistes. » (Lien)
(Dans une vidéo de Daesh par exemple, les « soldats » de Daesh effacent au sol les démarcations établies lors de ces accords Sykes-Picot).
Une conférence de Rashid Khalidi à ce propos : https://www.youtube.com/watch?v=ti0RM47DI7I

1914 – 1918

Première guerre mondiale.


1648

« Les traités de Westphalie (ou paix de Westphalie) concluent la guerre de Trente Ans et la guerre de Quatre-Vingts Ans le 24 octobre 1648. Ils sont à la base du « système westphalien », expression utilisée a posteriori pour désigner le système international spécifique mis en place, de façon durable, par ces traités. »

1572

24 août 1572 : Le massacre de la nuit de la Saint Barthelemy

1563

1561

1550 / 1551

La controverse de Valladolid, un débat entre théologiens, juristes et administrateurs du royaume d’Espagne, débat politique et religieux sur le statut des amérindiens.

1542

  • Création de l’Inquisition romaine par Paul III.

1534

  • « Même si le concile de Trente a beaucoup aidé à la reconquête des pays écartés, la compagnie de Jésus a amplement aidé ce travail. Leur fondateur est Ignace de Loyola (14911556). C’est en 1534 qu’il créa son ordre, voulant militer et être soumis au pape. Dans cet ordre existe une discipline semblable à celle de l’armée. Tous les membres devaient obéir au supérieur, appelé « général ». La Compagnie se soumettait donc aux ordres du pape pour sauver le catholicisme. Les Jésuites se consacraient surtout à la prédication et à l’enseignement. Ils n’hésitaient pas à aller partout dans le monde pour convertir les protestants.
    En 1556, les Jésuites se comptaient par milliers. Vingt ans plus tard, ils étaient 5 000, en Amérique latine, en Asie ou en Nouvelle-France. Les Jésuites ont finalisé l’arrêt de l’expansion du protestantisme. Après ce concile, les conflits qui avaient caractérisé le xve siècle et le début du xvie prirent une nouvelle dimension, une dimension religieuse. »

1532

1521

  • L’empereur Charles Quint promulgue l’Édit de Worms pour interdire le luthéranisme. Il prononce la mise au ban de Martin Luther et de ses partisans, interdit la diffusion et la lecture de ses écrits (ainsi que de tout autre écrit suspect d’hérésie).
  • Les thèses de Martin Luther sont condamnées par la Sorbonne.

1520

Martin Luther publie ses principaux écrits réformateurs :

  • La Papauté de Rome ;
  • L’Appel à la noblesse chrétienne de la Nation allemande pour l’amélioration de l’ordre chrétien ;
  • De la Captivité babylonienne de l’Église ;
  • La Liberté chrétienne.

1515 / 1516

  • Martin Luther donne un cours sur l’épître de Paul aux Romains.

1450

« L’une des inventions qui eurent le plus d’impact sur les hommes de la Renaissance était le perfectionnement de l’imprimerie par les caractères mobiles en plomb et la presse à vis, par Gutenberg vers 1450. La première édition imprimée de la Bible apparut en 1455. Les premiers textes imprimés concernaient assez souvent la religion et ceci pendant une cinquantaine d’années. »


570 / 632 ?

Le Coran, l’Islam. + 622 ap. JC, selon le calendrier musulman.
Vers 570 à 632. Histoire de Muhammad
Ressources, livres, vidéos

476

476 apr. J.-C. : Le dernier empereur romain d’Occident (Romulus Augustule) est déposé par les Barbares.

De l’antiquité au Moyen Âge

Lien.

Histoire antiquite - moyen age

0 ? 

Le christianisme. De 7 ou 5 av. JC à 30 ap. JC. Jésus de Nazareth.

– 623 / -543 ?

Le bouddhisme. – 623-543 av. JC. (ou 563-483 av. JC). Histoire de Bouddha.

– 1355 / 1358 ?

Akhenaton. – 1355 / -1353 à – 1338 / – 1337. Akhenaton, une révolution religieuse et le culte d’Aton.

– 3150 / -543

L’Égypte antique, au bord du Nil. – 3150. L’unification politique de la Haute-Égypte au sud et de la Basse-Égypte au nord sous le règne du premier pharaon.

– 3761 ?

Le Judaïsme. – 3761 av. JC. dans le calendrier hébraïque
Lien. Histoire du judaïsme


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